Tableau synthèse de la posologie des antirétroviraux accompagné des photos des comprimés

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Quels sont les objectifs du traitement ?

Les antirétroviraux (anti-VIH) agissent à différentes étapes de la réplication du VIH.

Lorsque prise régulièrement, selon les directives, la thérapie antirétrovirale diminue le virus dans le sang (charge virale) et améliore votre fonction immunitaire (lymphocytes T CD4+).

Objectifs :
• suppression maximale et durable de la charge virale
• augmenter le plus possible vos CD4

L’objectif est de maintenir votre état de santé et de diminuer le risque de développer des infections qui apparaissent lorsque le système de défense est faible.

À quels effets indésirables puis-je m’attendre ?

De nos jours, la plupart des thérapies antirétrovirales sont bien tolérées. Cependant, chaque individu est différent et certaines personnes peuvent avoir des effets indésirables. Vous retrouvez ici les effets qui pourraient être observés avec la thérapie qui vous a été prescrite. Avant d’envisager de cesser votre thérapie ou si vous avez des effets indésirables qui vous incommodent parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien ; ils pourront vous suggérer des trucs pour les gérer.

Effets généraux : fatigue/maux de tête/courbatures/douleurs musculaires. En général, ces effets tendent à diminuer après les premières semaines de traitement. Ils disparaissent lorsque votre corps s’est habitué aux médicaments. Tentez de débuter votre thérapie lorsque vous êtes reposé. Si possible prendre quelques jours de congé. Pour les maux de tête et les douleurs musculaires, l’acétaminophène (Tylenol) peut être utile. Il faut cependant avertir le médecin si ces symptômes s’accompagnent de fièvre, d’éruptions sur la peau, si vous êtes essoufflé, pâle ou avez des effets gastrointestinaux tels que la perte d’appétit, des douleurs abdominales accompagnées de nausées/vomissements ou tout autre effet indésirable inhabituel et persistant.

Effets gastro-intestinaux : tels diarrhée/perte d’appétit/nausée parfois accompagnée de vomissements. La prise d’aliments avec les médicaments permet souvent de les diminuer. Parfois des changements d’horaire peuvent également favoriser un meilleur contrôle des effets digestifs. Pour certaines personnes, la prise d’anti-nauséeux tels que le dimenhydrinate (Gravol) ou d’antidiarrhéiques (Imodium, calcium ou autre) peut être nécessaire. Il est important d’aviser votre médecin si vous vomissez tous les jours, si vous avez plus de trois selles diarrhéiques par jour, si vous faites de la fièvre, si vous avez du sang dans vos selles et enfin, si les symptômes digestifs s’accompagnent d’une grande fatigue ou que ces symptômes persistent et sont de plus en plus importants. Il est vital d’éviter la déshydratation, c’est pourquoi il faut demander conseil rapidement.

Éruptions sur la peau : les éruptions se présentent habituellement dans les 2 premières semaines de traitement. Elles sont plus fréquemment observées avec les médicaments de la classe des INNTI. Généralement, ces éruptions (rougeurs) ne sont pas sévères et le médecin vous demandera de poursuivre le médicament tout en vous prescrivant un anti-histaminique pour diminuer les démangeaisons parfois associées. Dans de rares cas, cette réaction peut-être sévère et nécessiter l’arrêt du traitement. C’est pourquoi lorsque vous avez des rougeurs sur la peau, il faut en aviser immédiatement votre médecin. Il jugera de la gravité de la réaction et décidera s’il doit interrompre ou non la médication. Si
la réaction est sévère, que vous avez de la fièvre et que votre état semble médiocre (grande fatigue, effets gastrointestinaux, ulcères dans la bouche, difficulté à respirer, etc.), avisez rapidement le médecin ou présentez-vous à l’urgence si vous ne pouvez le joindre.

Augmentation de la bilirubine : Un des antirétroviraux, appelé atazanavir (Reyataz), peut jaunir votre peau et le blanc de vos yeux. Ce phénomène est nommé hyperbilirubinémie.
Habituellement, l’effet est plus important en début de traitement et tend à s’amoindrir avec le temps. Cet effet n’est pas dangereux mais s’il vous incommode, il faut en discuter avec votre médecin.

Système nerveux central : avec certains antirétroviraux, mais plus particulièrement l’éfavirenz (Sustiva), vous pouvez observer des effets tels que de l’insomnie, des étourdissements le matin, des rêves bizarres, des changements de l’humeur, etc. Ces effets disparaissent chez la grande majorité des personnes après deux semaines mais peuvent persister à différents degrés chez certaines personnes.

Pourquoi prendre la médication régulièrement ?

Les médicaments doivent être pris régulièrement aux mêmes heures, à tous les jours et selon les consignes du médecin et pharmacien afin qu’il y en ait toujours une quantité suffisante
dans votre sang.

Si la concentration du médicament est trop faible, le virus en profitera pour se répliquer et devenir résistant. Cela signifie que le médicament perdra son effet sur le virus, et le traitement ne sera plus efficace.

Autant que possible :

  1. Il faut tenter d’intégrer la prise de la médication à votre style de vie et non l’inverse. Choisir un horaire qui respecte vos activités.
  2. Joindre la prise de médicaments à des activités quotidiennes, par exemple prendre tel médicament après le souper, avant de se coucher ou avant de se brosser les dents, sert d’aidemémoire à la prise de la médication.
  3. Il est habituellement plus simple de prendre des médicaments à la maison, où vous risquez moins de les oublier.
  4. Changement de routine (voyage, fin de semaine, changement d’heures de travail). Planifiez à l’avance des stratégies que vous allez adopter pour ne pas oublier la dose.
  5. Soyez prévoyant : garder toujours une dose quotidienne supplémentaire sur vous. Faites renouveler votre ordonnance une semaine à l’avance.
  6. Servez-vous d’outils pour l’adhésion tels un pilulier, un appareil muni d’une alarme ou encore tenez un journal pour vos médicaments.
  7. Établissez un réseau (amis/famille) qui vous aidera dans la prise de vos médicaments.
  8. Rappelez-vous que tout le monde peut être confronté, un jour ou l’autre, à un relâchement sur le plan de l’adhésion au traitement. N’hésitez pas à consulter l’équipe traitante et
    à demander de l’aide.

Mélange de médicaments!

La majorité des médicaments pour le VIH peuvent interagir avec d’autres médicaments. Il est important de dire au pharmacien et au médecin tous les médicaments prescrits ou non, les produits naturels et drogues à usage récréatif que vous prenez.

Auteurs

Rachel Therrien, pharmacienne
UHRESS (Unité hospitalière de recherche, d’enseignement et de soins sur le sida) du CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal)

En collaboration avec

Benoît Lemire, pharmacien
Le Service des maladies virales chroniques  du Centre Universitaire de santé McGill